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excluAnd the winner is... - par Paul, le vendredi 5 mars 2010
News
Notre concours spécial Alice au Pays des Merveilles est terminé depuis minuit. Nous tenons à remercier tous les participants qui ont pris le temps de créer une œuvre inspiré de l'univers d'Alice !
Notre jury a délibéré et nous avons décidé de récompenser :

Marina P.
et son fond d'écran aux couleurs du film !


Bravo à elle et à tous les autres !
excluDisneyPixar.fr vous invite au Pays des Merveilles - par Paul, le jeudi 4 mars 2010
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ATTENTION : suite à un soucis de mail, nous vous demandons d'envoyer vos participations à paul@disneypixar.fr, ou de la renvoyer de nouveau si besoin ! Merci !


DisneyPixar.fr vous propose de passer de l'autre côté du miroir et d'assister à une projection (en 3D) d'Alice au Pays des Merveilles, le nouveau film de Tim Burton ! Cette projection aura lieu le mardi 9 mars 2010 à 18h, au cinéma Publicis des Champs Élysées (à Paris).

Pour participer, nous allons faire appel à votre créativité... À vous de créer une œuvre inspirée de ce que vous évoque l'univers d'Alice au Pays des Merveilles. Texte, dessin, montage photo, vidéo, musique... Quelque soit la forme ou l'inspiration (les livres originaux, le film de Walt Disney ou celui de Tim Burton), vous avez carte blanche jusqu'au jeudi 4 mars à minuit !

Vos créations sont à envoyer à l'adresse suivante : paul@disneypixar.fr

L'équipe du site se réunira ensuite pour délibérer et choisir la création la plus originale, et nous annonceront le ou la gagnante dans la journée de vendredi.

Merci de vérifier votre disponibilité parisienne pour le 9 mars 2010 à 18h avant d'envoyer votre participation, ainsi que d'inclure dans votre mail vos coordonnées !
exclu"Raiponce" : premier visuel en français - par Paul, le samedi 27 février 2010
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Deux nouvelles pour le prix d'une ! Voici en exclusivité le tout premier visuel français de Raiponce : un joli logo, dérivé de la version originale. On apprend en même temps que le film sera présenté en exclusivité au Grand Rex, à Paris, précédé de l'attraction "La Féérie des Eaux", à partir du 17 novembre 2010.



excluArnaud Léonard Du Musical "Le Roi Lion" - par Romain, le vendredi 19 février 2010
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Le mois dernier, la comédie musicale venue de Broadway, "Le Roi Lion", fêtait ses un million de spectateurs. Fort de son succès, le musical continue jusqu'au 25 juillet 2010, jour de la dernière représentation.

Arnaud Léonard a vécu au sein de la troupe l'aventure depuis ses débuts. Il est d'abord la doublure de Pumbaa et de Scar, puis le rôle de Pumbaa lui est confié. Dernièrement, certains ont pu le voir dans la série télévisée "Plus belle la vie" où il jouait Yvan, un tchétchène, à la recherche de sa fille enlevée par une organisation humanitaire. Le comédien a très gentiment accepté de répondre à nos questions.



Quel a été votre parcours professionnel ?
J’ai débuté dans le métier en Belgique, dont je suis originaire, en 1988 (j’avais 12 ans). Ensuite, j’ai obtenu une licence en Communication, puis deux Premiers Prix au Conservatoire Royal de Bruxelles (Art Dramatique et Interprétation Poétique). J’ai fait tout ce qui était possible de faire dans mon pays (théâtre, comédie musicale, enseignement, doublage, pub, ...) et en 2005 j’ai découvert l’annonce de casting pour Le Roi Lion...

Comment êtes-vous devenu Pumbaa dans le musical "Le Roi Lion" ?
J’ai donc répondu à l’annonce; plus d’un an de castings, des milliers de candidats et puis au bout, un engagement comme doublure de Scar et Pumbaa en juillet 2007. Durant la première saison, je jouais en moyenne une à deux fois par semaine et puis le créateur du rôle de Pumbaa a été remplacé... par moi. C’était en septembre 2008. Depuis, je joue Pumbaa tous les soirs et Scar de temps en temps.

Dans quelles autres comédies musicales avez-vous déjà participé ?
J’avais participé en Belgique à diverses comédies musicales, telles que Thyl Ulenspiegel, La fugue du Petit Poucet, Emilie Jolie, ...

On vous a vu dernièrement dans la série "Plus belle la vie", quelle expérience préférez-vous: être devant une caméra ou sur scène ?
Ayant à présent goûté à l’image, je peux vous dire que c’est une tout autre approche du métier! Mais entre les deux, il me serait impossible de choisir...

Comment abordez-vous le personnage de Pumbaa ?
Les directives de l’équipe artistique ont été très claires dès le départ: il n’était pas question de «créer» une voix en rapport avec le personnage! Nous avons été castés pour nos timbres naturels, et comme je suis une basse, la voix de Pumbaa n’est vraiment pas très éloignée de la mienne. La difficulté de ce personnage est qu’il chante parfois très haut... Mais dans tous les cas il a une voix forte et très posée dans les graves.

Aviez-vous visionné le dessin animé avant de passer le casting ?
J’avais vu le spectacle à Londres quelques mois avant le casting, mais je me suis empêché de regarder le dessin animé... La différence entre le spectacle et le film est flagrante, et il ne faut justement pas jouer «cartoon»... Mais je connaissais bien sûr le merveilleux classique de Disney.

Combien de représentations faites-vous en semaine ?
Nous jouons sept fois par semaine, du mardi au dimanche.

Avez-vous des répétitions ou des entrainements quelconques en dehors des représentations ?
Une des particularités de ce spectacle est la durée de son exploitation; 3 ans sans discontinuer. Alors oui, nous répétons régulièrement, encore et encore, pour ne pas tomber dans des routines qui pourraient nuire à la spontanéité qu’on recherche tous les soirs.

Avez-vous une autre activité à côté ?
Je faisais énormément de choses quand j’étais en Belgique; c’était une des obligations du métier là-bas, on ne peut se contenter d’une seule activité si on veut en vivre dignement. En France, et particulièrement sur le Roi Lion, nous avons la chance de pouvoir nous consacrer exclusivement au spectacle. Cela étant, et vu l’exigence artistique du show, il serait très difficile de faire autre chose en même temps...

Pour jouer dans la série "Plus belle la vie", vous avez fait une pause dans le musical ?
Le tournage est tombé à l’été dernier, juste au moment où nous avions une pause d’exploitation du Roi Lion... Un hasard inouï de calendrier. Trois jours seulement après la fin de tournage à Marseille, je reprenais à Mogador!

Quel personnage du dessin animé est votre favori ?
Dans le dessin animé, Scar est un des personnages les plus fouillés. Timon aussi est extrêmement drôle...

Et quel personnage du musical est votre préféré ?
Là encore, j’ai un penchant pour Scar, que j’ai la chance d’interpréter de temps à autre. C’est l’un des personnages sur lesquels Julie Taymor, la créatrice du show, s’est le plus penchée. Et bien sûr Pumbaa, qui est véritablement une mère pour le jeune Simba. Finalement, j'ai le bonheur de jouer les deux personnages les plus éloignés l’un de l’autre!

Que représente l'univers Walt Disney pour vous ?
Une volonté d’excellence permanente dans une discipline qui s’adresse à tous les enfants que nous sommes.

Quel est votre dessin animé Walt Disney préféré et pourquoi ?
Je pense que mon coeur balance entre Les Aristochats et Le Livre de la Jungle... Pour des raisons d’univers musical.

Est-ce que cela vous plairait de prêter votre voix à un personnage de dessin animé pour Walt Disney ?
Comme vous avez pu le lire précédemment, j’ai fait énormément de doublage, et notamment beaucoup de dessins animés... [La Reine Soleil, Yu-Gi-Oh!, Code Lyoko, etc. ndlr] Mais jamais encore pour Disney. Qui sait, cela pourrait venir!



Le Roi Lion, connaît un véritable succès. Comment l'expliquez-vous ?
Tout simplement parce que c’est un spectacle qui fait appel à nos racines les plus profondes; bien loin de nous faire retomber en enfance, le show (en particulier le premier tableau) va chercher les tripes du spectateur quel qu’il soit. C’est un des rares spectacles à mettre tout le monde d’accord. Parce que nous venons tous du même endroit.

Quels sont les sentiments que vous ressentez au cours du spectacle ?
Le trac existe tous les soirs; je pense que c’est une règle absolue. Sans trac, il n’y a pas de magie pour un acteur. Ajoutez à ça l’émulation d’une équipe où chacun travaille au service des autres et du spectacle, soir après soir, et vous obtenez la magie du Roi Lion.

Combien de temps en moyenne, vous faut-il pour vous préparer/costumer ?
Il faut compter entre 45 minutes et une heure de préparation, pour chaque personnage principal... Quelquefois plus!

Comment êtes-vous arrivé à doubler Scar ?
L’équipe créative m’a donné l’opportunité de rester doublure de Scar tout en devenant Pumbaa principal... C’est un cas de figure assez rare dans tous les Roi Lion du monde... Je pense même avoir la chance d’être le seul!

Qui entre Pumbaa et le méchant Scar préférez-vous jouer ?
Je connais vraiment très bien Pumbaa, depuis le temps que je le fréquente tous les jours... Mais l’acteur que je suis a toujours une petite faiblesse à incarner les méchants... Et Scar est un des plus splendides parmi tous les vilains!

Avec le temps, est-ce que vous sentez une différence dans votre voix ?
Une différence notable est que ma voix est devenue beaucoup plus solide qu’avant. Je n’avais jamais eu la chance de la travailler tous les jours de façon aussi régulière, aussi longtemps; mais je bénis mes années de doublage pour l’avoir formée et rendue prête à supporter le choc!

Quelle est la chanson que vous préférez chanter sur scène ?
«Soyez prêts», la chanson où Scar s’assure le soutien des hyènes, est un tableau absolument magnifique; c’est la chanson qui demande le plus d’énergie vocale et physique. Mais il y a aussi «Hakuna Matata»! LE tube incontournable du Roi Lion, que j’ai la chance d’interpréter tous les soirs. Et là, le public est toujours enthousiaste.

Quel moment du musical préférez-vous ?
Il y en a beaucoup... Toute la musique du spectacle est splendide, mais j’ai une petite préférence pour les arrangements de Hans Zimmer, très influencé par Mozart... Des moments musicaux d’une rare complexité.

Quels sont vos projets après le musical ?
Un très gros spectacle pour la saison prochaine. J’en dirai plus très bientôt...

Quel souvenir garderez-vous de l'expérience Le Roi Lion ?
La quête permanente d’un autre spectacle aussi fort que celui-là! Avec le doute que ça soit jamais possible...

On vous aperçoit dans la vidéo «Quand soudain l'amour est là» avec toute l'équipe. Quels sont vos rapports avec les autres comédiens ?
Ce n’est plus une équipe, c’est une famille artistique. Un groupe d’individus qui ont fusionné vers une énergie commune. Nous sommes au-delà de l’amitié.

Ici s'achève l'interview. Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de voir le spectacle "Le Roi Lion" sur la scène du théâtre Mogador, il est temps de vous y rendre avant la fin des représentations prévues pour cet été, et découvrir Arnaud Léonard en Pumbaa (ou Scar) qu'on remercie de s'être prêté à notre jeu de question/réponse et pour sa sympathie.
excluTrois fonds d'écrans du Pays des Merveilles - par Paul, le jeudi 18 février 2010
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Aujourd'hui nous vous proposons nos premiers goodies estampillés Alice au Pays des Merveilles : trois fonds d'écrans à utiliser où bon vous semble. De notre côté, nous avons opté pour la version Alice sur notre Twitter ;) Mais rien ne vous empêche de les utiliser également sur vos ordinateurs !

Alice



Le Chapelier Fou



La Reine Rouge

excluBarbara Tissier nous parle de "La Princesse et la Grenouille" - par Paul, le dimanche 7 février 2010
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Voici venir une nouvelle plongée dans les coulisses de La Princesse et la Grenouille, avec notre série d'interviews autour du film. Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir Barbara Tissier, inoubliable Jessie dans Toy Story 2, qui a endossé le rôle de directrice artistique pour le doublage du film, et que nous avons eu le bonheur de rencontrer !


Comment as-tu débuté dans le doublage ?

J'ai eu beaucoup de chance. Il se trouve que je faisais de la danse de façon relativement intensive à la salle Pleyel et que un jour, l'assistant de Jean-Luc Godard est venu parce qu'ils cherchaient une petite fille pour tourner dans un film. Il est venu, il a assisté, il m'a proposé de passer le casting, j'ai passé le casting et j'ai été choisie. Je suis partie tourner ce film pendant 3 mois. J'avais 11 ans, et je suis revenue en disant à mes parents : "Je veux faire ça ! Je veux faire ça plus tard, je veux être comédienne".
J'ai eu la chance d'avoir des parents extrêmement intelligents qui, tout en m'encourageant dans cette voie, m'ont bien précisé qu'il était important de mener de front et les études et cette passion que j'avais. Et à un moment donné, j'ai tourné quelque chose et on m'a demandé de me re-post-synchroniser dans le film que j'avais tourné. Et voilà comment j'en suis arrivé au cycle du doublage, et en fait ça a fait effet boule de neige.
Finalement, j'avais 13/14 ans quand j'ai commencé le doublage, puis ça a été une passion. J'ai mené de front mes études. J'ai un bac C et après je suis allée en fac de théâtre, afin de mener à bien ma passion, et parallèlement à ça et bien je faisais du doublage, j'ai fais partie de compagnies de théâtre, j'ai un petit peu tourné et puis après j'ai eu ma propre compagnie de théâtre pendant 6 ans.
J'étais encore sur scène il y a 3 ans. Aujourd'hui j'ai la chance de travailler très correctement à côté, donc il faut que le projet me plaise mais bien sûr si quelque chose me plaît, la flamme se rallume immédiatement ! D'ailleurs elle n'est pas éteinte !

Quand as-tu débuté dans l'univers du doublage Disney ?

C'était avec la voix d'Héloïse, dans la première version de Taram et le Chaudron magique [en 1985, ndlr], puis Olivia dans Basil, détective privé. J'étais toute petite, je devais avoir 12 ans quand j'ai fait ça. C'est trop bien ! La petite souris Olivia, elle est géniale ! C'est un rêve ! À 12 ans entrer dans un univers comme ça, comment veux-tu ne pas aimer ?
Le tout premier doublage que j'ai fait c'était Meggie enfant, dans Les Oiseaux se cachent pour mourir, et je pense qu'après les directeurs de plateau devaient se passer le mot, et il n'y avait pas énormément d'enfants qui en faisait. J'ai ensuite passé des essais pour Basil et j'ai été choisie. Et c'est tellement magique qu'une fois rentrée dedans on dit "Oui, oui, oui, oui oui, encore, encore !"


Basil, détective privé

L'univers du doublage Disney semble très fermé vu de l'extérieur et il semble très difficile d'y entrer, est-ce le cas ?

Non, je ne crois pas. Il y a juste à la tête de la supervision Disney des gens extrêmement compétents, et donc extrêmement exigeants. Ça paraît complexe mais en fait ils sont très ouverts, ils aiment rencontrer de nouvelles voix. La preuve est que même s'il y a des comédiens récurrents dans tous les Disney, il y a aussi pas mal d'ouverture car il y a des voix que l'on découvre. C'est une grosse exigence, c'est vrai, moi j'adore ça.

Il y a eu pas mal de films Disney, en plus de Basil. Notamment Toy Story 2, puis bientôt Toy Story 3...

La Belle et le Clochard aussi, c'était trop bien à faire, dans la deuxième version !

Puis Cendrillon, Cendrillon 2, Cendrillon 3... Et puis il y a également eu une série : Phénomène Raven

J'adore ! Alors ça c'est mon rôle fétiche ! Je me suis éclatée ! C'est un clown ! C'est un clown, Raven, et du coup tout est permis. Parce que parfois dans certains trucs on nous demande d'être relativement sage, ou très naturelle ou très ordinaire, comme dans la vie, mais Raven elle est dans l'excès, c'est extraordinaire. Et j'adore ça, parce que c'est vraiment très très plaisant à faire, de pouvoir aller dans ces excès là, tout en ayant beaucoup de sincérité. Parce qu'elle est toujours vachement sincère, elle est authentique. Mais elle ferait des trucs incroyables, et j'adore ça.

Comment en es-tu arrivée ensuite à la direction artistique ?

Et bien j'ai eu beaucoup de chance, encore ! J'ai de la chance comme fille ! Je commençais à être plutôt implantée dans le doublage, en tant que comédienne, et puis un jour un client de chez Disney est venu me demander si ça m'intéresserait de diriger. Alors je me suis dit : "Je ne sais pas, est-ce que je vais savoir ? Peut-être... Oui, je suis pas contre !"
Et puis je me suis intéressée encore plus à tous les métiers du doublage. Ça m'intéressait déjà énormément parce que en fait je me suis aperçue qu'il fallait bien maîtriser l'exercice, mais qu'il ne fallait pas s'intéresser uniquement au fait de jouer la comédie. Fallait s'intéresser à la détection qu'il y avait avant, à l'adaptation qu'il y avait avant puis au montage qu'il y avait après et au mixage qu'il y avait après. Et c'était important de connaître cette chaîne. Donc c'est vrai que j'avais déjà cet intérêt là, mais je me suis replongée encore plus dedans Et donc j'ai très timidement dit que j'étais prête à essayer, et avec Disney ça a commencé sur un téléfilm qui s'appelait Le Petit grille-pain courageux. C'était trop mignon !
Ce sont effectivement les premiers à m'avoir donné ma chance, ce qui était énorme. Et le président actuel de Disney Europe a été le premier à me donner ma chance sur un long-métrage : Tarzan. Et c'était la première fois qu'on me faisait ainsi confiance sur un long-métrage et je trouve que j'ai eu vraiment beaucoup de chance.


Toy Story 3

En quoi consiste le rôle de directrice artistique sur un film ?

La première des chose c'est essayer d'élaborer un casting, avec le client bien évidemment. La plupart du temps il y a des essais, au moins sur les rôles principaux. On propose des essais au client, on les écoute ensemble, on en discute et on voit vers qui va notre préférence. Après, sur le casting autour des rôles principaux, le directeur de plateau doit trouver une unité, des rapports de voix qui peuvent convenir et qui se rapprochent le plus de la version originale sans la trahir, en étant le plus fidèle possible.
Ensuite ça consiste à l'organisation, tout bêtement, des enregistrements. Si j'ai 5 jours pour faire un film ou 2 jours pour faire un téléfilm, ça change ! Il faut organiser le temps en fonction des disponibilités des comédiens, faire un planning, convoquer les acteurs... C'est très important cette période là aussi, car c'est à ce moment là qu'on arrive, à mon avis, à motiver les comédiens pour les faire venir sur le plateau. C'est ça aussi, le directeur de plateau doit arriver à motiver son équipe pour qu'elle ait envie de venir sur le film, qu'elle ait envie de le faire, qu'elle ait envie de le défendre.
Après, le gros du travail, c'est sur le plateau même, lors de l'enregistrement, essayer de diriger les acteurs. Parce que nous on connaît le film dans sa globalité. On connaît les personnages, on sait quelles sont les scènes clés du film, ce qui est important de défendre, quels sont les thèmes principaux, quelle est la personnalité de chacun des personnages... À nous de mettre en forme tous ces éléments là afin que la mayonnaise prenne et que le film soit intéressant du début à la fin, et surtout qu'il soit fidèle à ce qu'a voulu le réalisateur original. Pour moi, un doublage réussi, c'est un doublage qui est dans l'ombre de la version originale, qui se fait oublier.

En tant que directrice artistique sur des produits Disney, te sens-tu en quelque sorte garante d'un certain "esprit Disney" ?

Évidemment ! C'est fondamental ! L'esprit Disney c'est des thèmes fondamentaux comme l'amitié, l'amour, la famille ou encore le fait de surmonter les obstacles que nous a envoyée la vie. Après il y a aussi l'humanisation de personnages qui peuvent être une luciole, un alligator, un chien, un chat... Comment faire vivre des personnages qui ne sont pas réels mais qui doivent le devenir.
Pour moi, tout ça c'est l'univers Disney. J'ai été bercée à ça, j'ai adoré vivre ça étant enfant et je me dois de préserver cet esprit là. Je m'en voudrais vraiment si je passais à côté de ça, car pour moi toute la magie Disney tient à ça, et il est très important de la conserver.
L'imaginaire aussi est très important. Cet univers de l'enfance auquel on essaye de se raccrocher tant bien que mal. Mais je le vois à travers mes enfants aujourd'hui encore à quel point c'est important de garder cette part d'imaginaire tout en faisant bien la différence avec la réalité. Mais c'est important de rêver. Le rêve...


China Moses et Alexis Tomassian sur le doublage de "La Princesse et la Grenouille"

Comment on été guidés tes choix de casting pour La Princesse et la Grenouille ?

Sur des gros films comme ça, le casting se fait beaucoup avec le concours du client. Là en plus il y avait des chansons, donc il fallait trouver des comédiens qui chantent, avec Georges Costa [directeur musical, ndlr]. Tout ça a donné lieu à beaucoup de discutions.
Après, qu'est-ce qui fait que je me décide ? D'abord je vois le caractère du personnage. Naveen ne peut pas être n'importe qui. La luciole Ray... Il faut leur trouver quelque chose. Quel est son caractère ? Quel est son registre de voix ? Grave, medium, aigu... Quel est son âge ? Puis je vois dans les comédiens que je connais, ou dans ceux que je ne connais pas, ceux qui pourraient se rapprocher de ces critères là.
Ensuite on fait passer des essais pour voir si le comédien arrive à se rapprocher du personnage le plus possible.

Comment as-tu amenée à choisir des célébrités qui n'ont pas forcément d'expérience dans le doublage ? Comme China Moses par exemple [voix de Tiana, ndlr]...

L'idée ne vient pas forcément de moi. Mais qu'est-ce que j'étais contente de la rencontrer !
Il y a pas mal de boulot qui est fait entre Disney et le marketing. Car c'est aussi très important pour eux d'avoir des gens qui sont un tout petit peu connus pour défendre le film lors de la promotion. Et c'est tout à fait normal.
China est arrivée aux essais et j'ai eu un véritable coup de cœur, c'est vrai. Je savais que le travail serait difficile car elle n'en avait jamais fait, et elle a un sacré accent américain. J'avais très peur mais je me dis qu'on a pas trop mal travaillé car il y a quelque chose mais on ne perçoit pas à ce point là son accent. Mais en tous cas, elle avait le charme du personnage, avec une voix qui pouvait se fondre complètement là-dedans. On a travaillé sur la douceur et sur la générosité. Elle chante divinement bien ! Et elle était parfait également pour l'image de la princesse Tiana. C'était important, aussi. J'ai été ravie en tous cas de cette expérience.
Et c'est ce que j'aime dans le métier de directeur de plateau, et particulièrement dans les aventures Disney, c'est qu'à chaque fois il y a quelque chose auquel on ne s'attend pas.
Mon rôle est de m'adapter à chaque comédien. Je ne travaille pas de la même façon avec Alexis Tomassian [voix du prince Naveen, ndlr], avec Dorothée Pousséo [voix de Charlotte, ndlr] ou avec Anthony Kavanagh [voix de Ray, ndlr] et China Moses. À moi de me servir de ce que va me donner le comédien, comment il fonctionne et de voir quelle est la stratégie qui va le mieux marcher pour l'amener à se rapprocher du film. Et ça c'est passionnant !

Est-ce une "politique", une intention particulière de Disney de faire appel à des personnalités pour leurs doublages ?

Bien sûr. Mais je pense que c'est important. Mais il faut savoir que les versions originales, il y a déjà des célébrités. Finalement c'est arrivé un petit peu plus tard en France. Puisqu'il y a déjà des stars dans les versions originales, pourquoi ne pas essayer nous aussi de mettre des gens connus...
Ça a permit plusieurs choses. D'abord de faire la promotion des films, c'est une évidence. Mais ensuite de valoriser un petit peu le métier du doublage qui avait tendance à être un tout petit peu dénigré, qu'on méprisait un petit peu et qu'on considérait comme un art mineur alors que j'ai toujours trouvé que c'était fondamental. Ça a permit de redorer un petit peu le blason de la profession du doublage, et j'en suis très heureuse.
Et puis c'est fantastique car on rencontre des gens qui sont tous différents. J'adore ça !

Est-ce que maintenant tu es la directrice artistique "officielle" de tous les films Disney ?

Non ! Surtout pas ! Je pense qu'il est très important que Disney garde sa liberté de choix. Je suis très heureuse de travailler pour eux et j'aime travailler avec eux. J'aime leur exigence et j'aime leur fidélité, c'est une évidence. J'aime échanger avec eux car je trouve qu'artistiquement ils ont un point de vue très intéressant.
Maintenant c'est à eux de décider. Il y a probablement des films qui me conviennent et d'autres qui ne me conviendront pas. Ça dépend des personnalités. Et moi, même si j'adore tous les genres, je suis très films de princesses...


Alice au Pays des Merveilles

Et tout à l'heure tu me parlais que tu allais diriger le doublage du nouveau Tim Burton, il s'agit bien sûr d'Alice au Pays des Merveilles ?

Oui, j'ai cette chance... Je me sens honnêtement très chanceuse ! Et j'essaye d'être digne de leur fidélité.

As-tu des souvenirs d'enfance particuliers, liés à l'univers Disney ? Des films préférés, des personnages...

Évidemment ! Il y avait, sur les Champs-Élysées, à l'angle de l'avenue de la Grande Armée et de la place de l'Étoile, un cinéma qui ne passait que des Disney. C'était vraiment un cinéma exclusivement Disney. Et mes parents nous y emmenaient très souvent. Et c'était le seul cinéma dans Paris qui, toute l'année, passait au moins un Disney. Et c'est vrai que c'était une démarche familiale. On était contents, pour nous c'était la fête avec mon frère. Et étant gamine, je crois que Mary Poppins a été très très très marquant. Le Livre de la jungle, Les Aristochats... Et dans les films de princesses... La Belle au bois dormant ! Trop belle...

Un énorme merci tout particulier à Barbara Tissier pour sa gentillesse et sa générosité lors de cette interview ! Un pur moment de bonheur ;)
excluDorothée Pousséo nous parle de "La Princesse et la Grenouille" - par Paul, le vendredi 5 février 2010
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Nous continuons notre série d'interviews autour de La Princesse et la Grenouille avec cette fois-ci une interview de Dorothée Pousséo, la voix française de Charlotte, que nous avons eu la joie de rencontrer.


Tu es une comédienne connue dans l’univers Disney car tu as fait la voix de Karie dans Les Indestructibles, tu as participé au Le Roi Lion 2 et tu es la voix-off de Disney Channel. Comment ton parcours a-t-il débuté ?

J’ai commencé au théâtre à l’âge de huit ans avec Michel Bouquet dans Le Malade Imaginaire, où je jouais Louison. Ensuite, j’ai été repérée par un grand monsieur du doublage, Claudio Ventura, qui m’a proposé de faire mes premiers pas dans le doublage. J'ai commencé comme ça car il n’y avait pas beaucoup d’enfants comédiens. J'avais déjà commencé à tourner un peu et comme ce que j’aime c’est tout faire, j’ai continué à tourner au cinéma, à la télé, des téléfilms, des séries tout en faisant du doublage, de la pub radio aussi. Je me suis même laissée tenter par le métier d’animatrice sur NRJ avec Magloire dans son émission MDR, Magloire Dans la Radio. C’était une très belle expérience même si je me suis rendu compte que j’étais plus comédienne qu’animatrice. Cela fait donc 20 ans que je fais du doublage, vu que j’ai 30 ans [rires].

Comment as-tu été choisie pour le personnage de Charlotte ?

Pour être honnête, je ne pense pas que les responsables du casting de la VF chez Disney me contrediront, ça leur ai apparu telle une évidence quand ils ont vu le dessin animé. J’ai été quelque peu étonné car elle est folle, mais beaucoup plus folle que moi... Ou alors je me vois pas comme ça ! Elle a un petit grain dans la voix et vocalement, c’est vrai que ça raccordait bien. Elle est excellente à doubler. C’est vraiment un régal car elle est pleine de tendresse, de gentillesse et d’attention envers Tiana. Elle est rigolote, toute en rupture de jeu. Et c’est vrai que moi dans la vie j’aime bien m’amuser à passer de "Ouais, ça va" à "Non, ça va pas du tout !" [changement de ton radical]. Barbara Tissier, que je connais bien et avec qui j'ai l'habitude de travailler, ne voyait pas d'autre nom que le mien, et du coup, c’est vrai que je suis rapidement sortie dans les castings de chez Disney. Surtout que physiquement je lui ressemble, en plus. Donc ça a été très évident pour eux, comme pour moi lorsque je l’ai doublée, où je me suis sentie très à l'aise. A part que j’ai commencé le doublage du film, c’est moi qui est enregistré la première. Donc c’est sympathique d’ouvrir le bal mais d’un autre côté lorsque l’on réécoute notre enregistrement on entend que soi-même. J’entendais pas Tiana, j’entendais pas mon papa donc on ne sait pas comment ça répond en français alors que lorsque l’on enregistre à la fin, on entend toutes les autres voix donc c’est assez sympa. C’est un peu l’histoire de ma vie car à chaque fois, je suis la première à enregistrer et je n’entends jamais le travail des autres. Mais en même temps ça laisse une belle surprise à l’avant-première car au moins je découvre complètement le film, car en dehors de ma partie je n’ai rien vu.

Comment s’est déroulé le doublage du film ?

J’ai fait tout mon rôle en une petite journée car on a pris notre temps, car c’est pointilleux à faire car elle est vraiment tout en rupture, et parfois carrément en rupture dans la rupture ! C’est-à-dire qu’il y a quinze idées qui lui viennent à l’esprit en même temps, elle parle très vite. Statistiquement elle a peu de scènes mais quand elle y est elle parle comme une folle donc c’est vrai que ce fut un régal de travailler ainsi. On avait toujours pleins d’idées qui nous venaient entre chacune des prises donc on a pas mal peaufiné le travail des voix. L’avantage de travailler sur des beaux films comme ça c’est que l’on peut prendre le temps de s’amuser, de peaufiner et de vraiment travailler le rôle. C’est un régal quoi !

Quels ont été les moments les plus difficiles ou ceux qui t'ont le plus marqué ?

J’ai un petit peu galéré sur la boucle où elle est avec son prince dont elle est amoureuse, alors que ce n’est que le laquais qui est transformé. Elle veut l’épouser, et à un moment il perd sa transformation et il lui sort une oreille, puis les fesses, le nez... Donc elle réagit en se demandant ce qu'il se passe, mais en même temps elle reste dans son euphorie de "Je vais me marier ! Wouhou !" et du coup c'est un peu un fil rouge car il faut jouer en même temps la curiosité, l'étonnement mais tout en restant dans son euphorie. Pour que ce soit drôle il fallait vraiment tomber sur la note exacte. C'est vrai qu'on s'y est pas mal repris sur cette séquence.
Après j'ai aussi beaucoup aimé la scène de fin. Parce que leur rêve, à Tiana et à elle, en fait, c'est de se marier. Elles ont l'âge où elles doivent se marier, faire des enfants et la petite "souillon" qui travaille dans un restaurant va y arriver avec un prince, et la princesse qu'on pensait promise à un prince, elle, n'y arrive pas. C'est leur rêve depuis toute petites. Et en fait, quand sa copine se marie, contrairement à n'importe qu'elle copine qui pourrait éprouver de la jalousie, Charlotte est magnifique dans le sens où elle est tellement heureuse au fond d'elle-même pour sa copine et qu'elle ne pense pas une seconde à elle. C'est vraiment un personnage touchant.
Et la scène où elle se repoudre aussi, pendant le bal ! Elle est vraiment marrante. Mais de toutes façons je me suis amusée tout le long pour ce rôle, c'était un vrai régal !


Comment as-tu abordé le personnage de Charlotte ?

Le but est quand même clairement de s'inspirer de la VO, parce qu'il faut aussi respecter la création du réalisateur original. Donc on est obligés. Et puis l'image suit tellement ce qu'elle fait en anglais, que si je faisais autre chose, ce serait en décalage. Mais c'est une des rare fois où je suis en doublage sur un personnage qui est totalement moi ! J'ai vraiment l'impression de parler comme elle, à la même vitesse. Quand elle se met à parler avec un débit très rapide, c'est presque naturel pour moi ! On a le même timbre de voix, on est presque dans la même tranche d'âge, enfin pour moi j'ai toujours 20 ans donc c'est pas un écart énorme... J'ai ce côté très positif, très joyeux où je m'enthousiasme pour beaucoup de choses, pour mes amis...
J'ai pas eu, très honnêtement à travailler beaucoup sa personnalité, qui est finalement très proche de la mienne. Je me suis concentrée sur le jeu et les nuances. J'avais juste à être moi et à accentuer le côté comique. C'est plus facile que d'inventer un personnage, devoir m'inspirer de quelqu'un que je connais...
Mais c'est pareil au cinéma, je suis dans mes chaussons quand j'ai le rôle d'une bonne copine, contrairement à un rôle comme dans Off Prime, où je joue un peu la peste. Même si j'adore faire des contre-emplois ! C'est ce qui m'amuse le plus.
Là je viens de tourner le film inspiré de la série Trop la classe, Trop la classe verte, qui sort le 27 février sur Disney Channel. Et j'y fais une méchante tyrannique, la pionne de la colonie qui les empêche de tout faire. C'est hyper marrant à jouer mais c'est quand même plus difficile, car ce n'est pas du tout mon tempérament. Elle crie tout le temps, elle est jamais contente, elle décroche pas un sourire... Pas du tout ma personnalité ! C'est tout aussi intéressant mais ça demande plus de travail déjà pour se mettre dans la peau du personnage.

Quel est ton sentiment du fait d'avoir participé à ce film qui, on l'espère, marquera le grand retour des studios Disney à l'animation, aux films de princesses et aux comédies musicales ?

J'ai pu entendre quelques unes des chansons en anglais, et j'ai hâte de découvrir le résultat ! Surtout avec China, qui a une voix sublimissime et dont j'ai pu entendre quelques essais... J'ai halluciné ! Les chansons sont exceptionnelles ! C'est rare d'avoir une telle qualité musicale. Georges Costa, le directeur musical, était emballé ! Les chansons sont très dures techniquement, très peu de gens sont capables de les chanter.
Le film me rappelle mon adolescence. J'ai toujours été assez fan de Disney. Et je trouve qu'il n'y a pas d'âge ! C'est pas moralisateur, il y a quand un fond juste et sain, mais c'est vraiment la déconne, il y a toujours une touche de douceur, de sensibilité... Et c'est toujours drôle !
C'est vrai que le fait de revenir à la 2D, comme ça, ça me plaît beaucoup ! Ça fait plaisir. Ça ne fait pas vieillot du tout, car je pense que la 2D n'a pas vieillit, et du coup on retrouve une vraie couleur. Et du coup, pour une histoire aussi jolie que celle-là, c'est ce qu'il fallait. Ils ont juste tout compris en faisant ça en 2D.
Je suis ravie, et je suis sûre que ça va avoir un succès absolu. C'est pour tout âge et c'est vraiment pas gamin ni rien. C'est complètement barré, comme ils savent bien le faire. C'est décalé, c'est touchant, c'est absurde... C'est plein de musiques magnifiques, de tendresse et de moments de magie. Ça ne peut franchement qu'avoir du succès ! Chaque scène qu'on regardait on avait le sourire et on rigolait de plus en plus ! C'est un très beau projet et je suis ravie d'en faire partie.

Es-tu familière avec l'univers Disney ?

C'est un univers que je connais car je travaille avec Disney depuis de très nombreuses années, pratiquement depuis que j'ai commencé le doublage. En plus de voix sur des séries, je fais l'habillage de la chaîne et donc tous les lancements de leurs séries, en binôme avec Emmanuel Garijo. Du coup je vois leurs programmes, je connais vraiment leur univers et j'ai presque plus besoin d'être dirigée en séance ! À part l'horaire que je ne connaîtrais pas forcément, je saurais quelle phrase rajouter pour le lancement, qu'est-ce qui va avec quelle série...
Et puis je dirige certains doublages, dont Les Sorciers de Waverly Place, la série et le film, avec une équipe de comédiens formidable. Je trouve ça hyper drôle et je suis heureuse d'aller travailler pour ça ! Et même Déborah Perret, qui fait la maman dans la série, est fan, alors qu'elle est plus âgée que moi ! Et je fais aussi un petit dessin animé adorable comme tout qui s'appelle Manny et ses outils. C'est super mignon, c'est du Playschool pour les petits, mais c'est vraiment très drôle et très attachant. Il n'y a que des adultes qui travaillent sur ce projet, et tout le monde est ravi. C'est pas niais et ça prend pas une seconde les enfants pour des débiles. C'est bien écrit, quoi. Ça marche aussi bien sur quelqu'un de 50 ans alors que c'est sensé toucher les 2 à 8 ans !

Quels sont tes films préférés ? Les films de ton enfance, ceux avec lesquels tu as grandi, tes souvenirs liés à l'univers Disney...

J'ai grandi avec tous les classiques ! En partant de Blanche Neige, je les ai presque tous vus. J'ai une grande passion, comme beaucoup, pour Peter Pan. Je suis restée un peu bloquée. Je l'ai adoré ! J'ai dû le voir 100 fois, je sais pas ! C'était le pretexte quand il y avait un enfant à la maison, lui dire "Tu as envie de voir Peter Pan, non ? Allez, on le met !". J'adore. Quand j'étais petite je voulais voler, mais ça n'a jamais marché... En même temps j'ai jamais essayé de très haut, je me lancerais pas... Mais c'est vrai que c'était pour moi une fascination. Le côté poudre de fée magique et on décolle ! Je trouvais ça génialissime. C'est un des Disney qui m'a le plus plu.
Après ils sont tous différents. J'ai adoré Aladdin, parce que j'ai adoré le lieu. Et puis pareil, il y a un tapis volant, donc tout ce qui vole [rires] ! Enfin en même temps, Dumbo j'aime bien mais je suis moins passionnée ! [rires]. Les Aristochats j'adore aussi. Les Aristochats et Le Livre de la jungle, aussi. Et ce que j'aime dans ceux là, c'est musicalement. Et j'attends de voir si les chansons de La Princesse et la Grenouille seront à la hauteur de ces films là, mais je pense que oui... Et j'ai hâte de retrouver ce que j'ai aimé musicalement dans ces films. Je me souviens être allée au cinéma voir les films Disney. J'ai beaucoup aimé aussi la fusion avec Pixar, les Toy Story...


Pour avoir également travaillé sur un Pixar [Les Indestructibles, ndlr], ressens-tu une différence avec les films Disney ?

Non, pas vraiment. Entre les deux mon cœur bascule. J'adore les deux, et ils sont trop différents pour que je choisisse. Ce serait comme me demander de choisir entre les comédies et les films d'horreur, parce que j'adore autant les deux ! J'aime tout ce qui touche au cinéma de toutes façons, même si j'aime moins les films d'action. Bien que 2012 m'ai plu. Mais je suis moins branchée films de combats. C'est peut-être parce que je suis une fille, remarque...
Mais c'est vrai qu'entre les deux... Pixar me fait beaucoup rire parce que parfois c'est vraiment taré. Ils partent loin, on se demande parfois comment, par quelle fusée ! Et Disney a une patte Disney qui est indétrônable ! Du coup, l'arrivée de Pixar a secoué un peu tout ça, en apportant un petit coup de fouet, de renouveau dans cette maison, et que j'aime beaucoup. Mais là ça fait plaisir après toutes ces années de revenir à nos premiers amours. Du coup j'aime autant l'un que l'autre. Et ce qui me plairait c'est qu'on ai moins de période 100% Pixar et qu'on retrouve plus souvent cette patte Disney. Mon attente en tant que public ce serait d'avoir un Disney, puis un Pixar, et ainsi de suite.
Et ce serait dommage de rejeter un film comme La Princesse et la Grenouille uniquement à cause de sa technologie. Ce serait un peu triste. Maintenant je pense que le public qui aime les dessins animés, que ce soit en 2D ou en 3D, si on leur raconte quelque chose de drôle, de tendre, je pense que ça les gênera pas. On verra...

Quelle est ton actualité aujourd'hui ?

Je continue à diriger le doublage des séries pour Disney, Trop la classe verte sort le 27 février, et là récemment j'ai tourné une série qui s'appelle Les Invincibles pour France 5, qui sortira en février. Ensuite une autre série qui s'appelle Un Monde Meilleur pour France 2. Voilà, des petits tournages à gauche à droite. Un projet de long-métrage mais dont je ne peux pas encore parler. Et par contre je joue à la rentrée au théâtre avec Smaïn et Cyrielle Claire, dans une mise en scène de Pascal Légitimus. Rendez-vous en septembre...

Un grand merci à Dorothée pour sa générosité et sa bonne humeur lors de cette interview !
excluLiane Foly nous parle de "La Princesse et la Grenouille" - par Paul, le mercredi 3 février 2010
News
Nous continuons notre plongée dans les coulisses de La Princesse et la Grenouille, avec notre série d'interviews autour du film. Aujourd'hui, après China Moses, nous vous proposons de découvrir Liane Foly, qui a été choisie pour être la voix française de Mama Odie, et que nous avons eu l'honneur d'interviewer.


Comment avez-vous été choisie pour doubler le personnage de Mama Odie ?

Suite à mon spectacle, La Folle Parenthèse, beaucoup de gens sont venus me voir, tour à tour, des gens importants. D’ailleurs Claude Lelouche est venu me voir et c’est pour ça que j’ai pu tourner dans son film cet été qui sortira le printemps prochain. Mais aussi pleins de gens de Disney et qui sont venus en se disant "Oui peut-être que ce sera une des voix". Moi ce qui m’intéresse avant tout, c’est le travail de la voix. Donc la voix pour moi, c’est tellement énorme, tellement immense… et vous savez du plus grave au plus aigu de ce que je peux faire, j’ai quand même 3 gammes, ce qui me donne une tessiture assez importante de voix. Ceci me permet, combiné avec mon don d’imitation, de rentrer dans les personnages.
Et c’est vrai que Disney a eu un vrai coup de cœur. Suite à tout ça, on m’a donné ce rôle de Mama Odie. Pourquoi ? Parce qu’il fallait en même temps trouver une voix très spécifique à cette vieille sorcière qui chante le blues, le gospel donc c’était assez compliqué. Donc quand Disney m’a demandé de revêtir ce rôle c’est vrai que j’ai d’abord été très enchantée, j’ai dit oui tout de suite évidemment vous vous en doutez. Pour moi, c’est l’éternité Disney. C’est le rêve, c’est tout ce que l’on peut faire et en même temps ça durera. En tout cas, même après moi on entendra toujours ce dessin animé avec ma voix. C’est cela qui est important, quand on laisse une trace.

Comment s’est déroulé le doublage ? Est-ce que vous vous rappelez de certains temps forts ou de difficultés ?

Ce n'était pas ma première expérience dans le doublage. J'ai déjà fait beaucoup de post-synchronisation par le passé, surtout à l'étranger.
En ce qui concerne le film, vous savez, quand on double un Disney on entend d’abord les voix américaines qui ont été faites et il faut parfois s’adapter, enfin pas toujours car les pays sont libres de choisir. Quand ils sont venus en France et qu’ils ont pensés à moi, et bien j‘ai bifurqué de la voix originale.
La mienne se rapproche des Français. Et pour vous dire à quel point, à un certain moment dans le film je dis : "Eh ben alors les enfants, il faut rigoler", j’ai carrément pris la voix d’Elie Kakou. Lui, qui était mon meilleur ami, aurait certainement adoré ce personnage et j’avais besoin de donner un petit peu d’accent sonore au personnage à travers Elie aussi. C’est totalement à mon initiative, mais Disney m’a demandé s’il n’y avait pas une idée surtout que le texte n’était pas très bon, etc… C’est pourquoi j’ai proposé cette phrase qu’Elie disait toujours et ça a marché.


Pouvez-vous nous présenter en quelques mots La Princesse et la Grenouille ?

C’est la première fois dans les studios de Walt Disney que nous trouvons une histoire basée sur un destin de blacks. On met à l’honneur une petite fille qui est noire américaine, une famille black américaine. Peut-être que nous sommes à un moment ou nous pouvons juste dire bravo à Walt Disney puisque nous sommes sous l’ère de Barack Obama.
La tolérance, la compréhension mais aussi un message détourné puisque tout le film se passe auprès du monde animal donc protection de la Terre. Il y a un langage écologique énorme dans ce prochain Walt Disney, un langage de tolérance par rapport aux races. Et je dirais qu’il y a une envie d’évoluer et pour les gens de se fondre dans quelque chose qui est totalement ici. Nous sommes en 2010, c’est d’actualité. Pour tous les enfants c’est la tolérance, c’est l’ouverture à son petit copain qui va pas être de la même couleur, qui va être asiatique, qui va être black, enfin voila.
Et puis il y a aussi une ouverture d’esprit par rapport au "tout peut arriver" car les studios ont repris les mêmes techniques qu’à l’époque de Blanche-Neige et les sept nains ou Cendrillon où c’était dessins par dessins. Nous avons sautés cette décennie de technologie. A mon avis ce sera, je m‘avance peut-être mais, dans l'Histoire, le dessin animé qui réunira le plus de monde. Par des niveaux raciaux, sociaux, de croyances d’espérance et de croire que l’on peut dépasser avec Walt Disney, comme quand on était petits. Je vous parle en ayant 47 ans donc imaginez, mais peut-être avec toujours dans le cœur cet espoir, cette larme qui vient. Vous savez le film n’est pas forcément très drôle parfois, mais on met le public responsable -qu’il soit petit ou grand- en face d’émotions intenses. C’est Disney, c’est le savoir-faire américain.

Nous imaginons que vous êtes fière d’avoir participé à ce film qui est porteur d’autant de messages ?

Le mot "fière" je n’aime pas trop bien que je le sois, mais ce n’est pas pour moi ça. Moi je pense que j’ai été appelée pour donner du bonheur aux gens.
Lors des projections privées, quand les enfants sortent, c’est toujours la sorcière sur laquelle ils ciblent leur regard. Parce qu’elle est cool, c’est un peu Whoopi Goldberg. Une vieille femme de 197 ans qui est aveugle, qui est une black mama avec le turban sur la tête et qui chante le gospel, le blues... Ce n’est pas une méchante sorcière, c’est pour cela qu’on l’aime beaucoup.
On avait l’habitude chez Disney de se retrouver face aux méchantes, aux sorcières alors que là ce n’est pas du tout le cas. Mama Odie elle est très vieille, alors c’est un peu un Yoda de La Guerre des Étoiles.


C’est un peu le mélange entre la sorcière et la bonne fée finalement…

Oui mais en même temps je vois en elle la sagesse. Elle est coquine, elle est maligne, elle a la patate. Attention elle a 197 ans mais elle saute de partout. Elle est quand même quelque chose de bon pour les enfants, ils n’ont pas peur d’elle.

Comment avez-vous abordé le personnage ?

D’abord j’ai pu la voir physiquement. Après quand je suis rentrée en studio, j’ai découvert la difficulté de pouvoir trouver une voix très vieille qui soit en même temps rapprochée de ses racines blacks, puisque je suis blanche. Donc le but c’était de trouver quelque chose qui soit un peu un accent mais qui groove. Qui soit quelqu'un de très ancien. Par exemple, quand elle dit "Ah pas mal pour une sorcière de 197 ans" [rires], il faut prendre le personnage, surtout que je n’ai pas eu trop le temps de travailler. Je crois que c’est une vraie rencontre entre Mama Odie et moi.

Quel est votre rapport avec la voix originale ? Vous en êtes vous inspirés ? Avez-vous essayés de vous en rapprocher ou pas du tout ?

Ah non pas du tout. Non, là j’ai tout oublié, que ce soit de ma carrière ou de quoi que ce soit d’autre et je me suis retrouvé en face de ce dessin qui était absolument exceptionnel et j’ai composé, improvisé, suivant ce que je voyais en face de moi.

Vous sentez vous des points communs avec votre personnage ?

Oui, elle a la dérision, une bonne générosité. Elle a aussi le swing qui est en elle. Vous savez, la musique black américaine je l’ai aussi. C’est faire vivre aussi un personnage fictif, qui est en dessin et aujourd’hui, elle fait partie de moi. C’est curieux de dire ça mais je me sens un peu Mama Odie.


Et au niveau du chant, cela as-t-il été difficile pour vous ?

Non pas du tout. Au contraire, le chant n’a pas été bougé et j’ai fait ça en essayant de la vieillir. Le travail a été de faire en sorte que je m’efface totalement pour laisser place au personnage vieilli, avec une tessiture très grave. C’est un voyage entre toutes les disciplines que je sais faire.

Quels sont vos souvenirs, liés à l'univers de Walt Disney ?

J’ai été bercée dès mon plus jeune âge par l'univers Disney. Mon premier film de Disney, je l’ai vu à 6 ans, c’était Le Livre de la jungle. Je m’en souviens comme si c’était hier : c’est le premier film que j’ai vu au cinéma, et c’était un Disney. Et d'ailleurs, Mama Odie a aussi un petit côté à la Baloo, vous ne trouvez pas ?

Votre actualité aujourd'hui ?

Après les deux ans et demi de tournée de La Folle Parenthèse, dont le DVD est déjà sorti, je vais rejoindre Les Enfoirés qui seront à Nice cette année. Je serais aussi à l'affiche de Ces Amours Là, un film de Claude Lelouche. Et puis je travaille sur d'autres projets mais dont je ne peux malheureusement pas encore parler...