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excluLiane Foly nous parle de "La Princesse et la Grenouille" - par Paul, le mercredi 3 février 2010
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Nous continuons notre plongée dans les coulisses de La Princesse et la Grenouille, avec notre série d'interviews autour du film. Aujourd'hui, après China Moses, nous vous proposons de découvrir Liane Foly, qui a été choisie pour être la voix française de Mama Odie, et que nous avons eu l'honneur d'interviewer.


Comment avez-vous été choisie pour doubler le personnage de Mama Odie ?

Suite à mon spectacle, La Folle Parenthèse, beaucoup de gens sont venus me voir, tour à tour, des gens importants. D’ailleurs Claude Lelouche est venu me voir et c’est pour ça que j’ai pu tourner dans son film cet été qui sortira le printemps prochain. Mais aussi pleins de gens de Disney et qui sont venus en se disant "Oui peut-être que ce sera une des voix". Moi ce qui m’intéresse avant tout, c’est le travail de la voix. Donc la voix pour moi, c’est tellement énorme, tellement immense… et vous savez du plus grave au plus aigu de ce que je peux faire, j’ai quand même 3 gammes, ce qui me donne une tessiture assez importante de voix. Ceci me permet, combiné avec mon don d’imitation, de rentrer dans les personnages.
Et c’est vrai que Disney a eu un vrai coup de cœur. Suite à tout ça, on m’a donné ce rôle de Mama Odie. Pourquoi ? Parce qu’il fallait en même temps trouver une voix très spécifique à cette vieille sorcière qui chante le blues, le gospel donc c’était assez compliqué. Donc quand Disney m’a demandé de revêtir ce rôle c’est vrai que j’ai d’abord été très enchantée, j’ai dit oui tout de suite évidemment vous vous en doutez. Pour moi, c’est l’éternité Disney. C’est le rêve, c’est tout ce que l’on peut faire et en même temps ça durera. En tout cas, même après moi on entendra toujours ce dessin animé avec ma voix. C’est cela qui est important, quand on laisse une trace.

Comment s’est déroulé le doublage ? Est-ce que vous vous rappelez de certains temps forts ou de difficultés ?

Ce n'était pas ma première expérience dans le doublage. J'ai déjà fait beaucoup de post-synchronisation par le passé, surtout à l'étranger.
En ce qui concerne le film, vous savez, quand on double un Disney on entend d’abord les voix américaines qui ont été faites et il faut parfois s’adapter, enfin pas toujours car les pays sont libres de choisir. Quand ils sont venus en France et qu’ils ont pensés à moi, et bien j‘ai bifurqué de la voix originale.
La mienne se rapproche des Français. Et pour vous dire à quel point, à un certain moment dans le film je dis : "Eh ben alors les enfants, il faut rigoler", j’ai carrément pris la voix d’Elie Kakou. Lui, qui était mon meilleur ami, aurait certainement adoré ce personnage et j’avais besoin de donner un petit peu d’accent sonore au personnage à travers Elie aussi. C’est totalement à mon initiative, mais Disney m’a demandé s’il n’y avait pas une idée surtout que le texte n’était pas très bon, etc… C’est pourquoi j’ai proposé cette phrase qu’Elie disait toujours et ça a marché.


Pouvez-vous nous présenter en quelques mots La Princesse et la Grenouille ?

C’est la première fois dans les studios de Walt Disney que nous trouvons une histoire basée sur un destin de blacks. On met à l’honneur une petite fille qui est noire américaine, une famille black américaine. Peut-être que nous sommes à un moment ou nous pouvons juste dire bravo à Walt Disney puisque nous sommes sous l’ère de Barack Obama.
La tolérance, la compréhension mais aussi un message détourné puisque tout le film se passe auprès du monde animal donc protection de la Terre. Il y a un langage écologique énorme dans ce prochain Walt Disney, un langage de tolérance par rapport aux races. Et je dirais qu’il y a une envie d’évoluer et pour les gens de se fondre dans quelque chose qui est totalement ici. Nous sommes en 2010, c’est d’actualité. Pour tous les enfants c’est la tolérance, c’est l’ouverture à son petit copain qui va pas être de la même couleur, qui va être asiatique, qui va être black, enfin voila.
Et puis il y a aussi une ouverture d’esprit par rapport au "tout peut arriver" car les studios ont repris les mêmes techniques qu’à l’époque de Blanche-Neige et les sept nains ou Cendrillon où c’était dessins par dessins. Nous avons sautés cette décennie de technologie. A mon avis ce sera, je m‘avance peut-être mais, dans l'Histoire, le dessin animé qui réunira le plus de monde. Par des niveaux raciaux, sociaux, de croyances d’espérance et de croire que l’on peut dépasser avec Walt Disney, comme quand on était petits. Je vous parle en ayant 47 ans donc imaginez, mais peut-être avec toujours dans le cœur cet espoir, cette larme qui vient. Vous savez le film n’est pas forcément très drôle parfois, mais on met le public responsable -qu’il soit petit ou grand- en face d’émotions intenses. C’est Disney, c’est le savoir-faire américain.

Nous imaginons que vous êtes fière d’avoir participé à ce film qui est porteur d’autant de messages ?

Le mot "fière" je n’aime pas trop bien que je le sois, mais ce n’est pas pour moi ça. Moi je pense que j’ai été appelée pour donner du bonheur aux gens.
Lors des projections privées, quand les enfants sortent, c’est toujours la sorcière sur laquelle ils ciblent leur regard. Parce qu’elle est cool, c’est un peu Whoopi Goldberg. Une vieille femme de 197 ans qui est aveugle, qui est une black mama avec le turban sur la tête et qui chante le gospel, le blues... Ce n’est pas une méchante sorcière, c’est pour cela qu’on l’aime beaucoup.
On avait l’habitude chez Disney de se retrouver face aux méchantes, aux sorcières alors que là ce n’est pas du tout le cas. Mama Odie elle est très vieille, alors c’est un peu un Yoda de La Guerre des Étoiles.


C’est un peu le mélange entre la sorcière et la bonne fée finalement…

Oui mais en même temps je vois en elle la sagesse. Elle est coquine, elle est maligne, elle a la patate. Attention elle a 197 ans mais elle saute de partout. Elle est quand même quelque chose de bon pour les enfants, ils n’ont pas peur d’elle.

Comment avez-vous abordé le personnage ?

D’abord j’ai pu la voir physiquement. Après quand je suis rentrée en studio, j’ai découvert la difficulté de pouvoir trouver une voix très vieille qui soit en même temps rapprochée de ses racines blacks, puisque je suis blanche. Donc le but c’était de trouver quelque chose qui soit un peu un accent mais qui groove. Qui soit quelqu'un de très ancien. Par exemple, quand elle dit "Ah pas mal pour une sorcière de 197 ans" [rires], il faut prendre le personnage, surtout que je n’ai pas eu trop le temps de travailler. Je crois que c’est une vraie rencontre entre Mama Odie et moi.

Quel est votre rapport avec la voix originale ? Vous en êtes vous inspirés ? Avez-vous essayés de vous en rapprocher ou pas du tout ?

Ah non pas du tout. Non, là j’ai tout oublié, que ce soit de ma carrière ou de quoi que ce soit d’autre et je me suis retrouvé en face de ce dessin qui était absolument exceptionnel et j’ai composé, improvisé, suivant ce que je voyais en face de moi.

Vous sentez vous des points communs avec votre personnage ?

Oui, elle a la dérision, une bonne générosité. Elle a aussi le swing qui est en elle. Vous savez, la musique black américaine je l’ai aussi. C’est faire vivre aussi un personnage fictif, qui est en dessin et aujourd’hui, elle fait partie de moi. C’est curieux de dire ça mais je me sens un peu Mama Odie.


Et au niveau du chant, cela as-t-il été difficile pour vous ?

Non pas du tout. Au contraire, le chant n’a pas été bougé et j’ai fait ça en essayant de la vieillir. Le travail a été de faire en sorte que je m’efface totalement pour laisser place au personnage vieilli, avec une tessiture très grave. C’est un voyage entre toutes les disciplines que je sais faire.

Quels sont vos souvenirs, liés à l'univers de Walt Disney ?

J’ai été bercée dès mon plus jeune âge par l'univers Disney. Mon premier film de Disney, je l’ai vu à 6 ans, c’était Le Livre de la jungle. Je m’en souviens comme si c’était hier : c’est le premier film que j’ai vu au cinéma, et c’était un Disney. Et d'ailleurs, Mama Odie a aussi un petit côté à la Baloo, vous ne trouvez pas ?

Votre actualité aujourd'hui ?

Après les deux ans et demi de tournée de La Folle Parenthèse, dont le DVD est déjà sorti, je vais rejoindre Les Enfoirés qui seront à Nice cette année. Je serais aussi à l'affiche de Ces Amours Là, un film de Claude Lelouche. Et puis je travaille sur d'autres projets mais dont je ne peux malheureusement pas encore parler...

Commentaires

1. Le mercredi 3 février 2010 à 11:39, par Aykohno

Merci pour l'interview, elle m'a l'air d'être une personne bien sur d'elle ^^'' !
Enfin bon, le doublage a l'air très bon, alors c'est l'essentiel :)

2. Le vendredi 5 février 2010 à 22:25, par Aykohno

Ah oui, y'a la princesse et la grenouille qui est à environ 101,000,000 $ de recettes aux USA, et environ 50,000,000 dans le monde. Il est donc rentable ce qui est une bonne nouvelle, et à savoir que dans pas mal de pays, il n'est pas encore sorti, ou alors que tout récemment, contrairement aux USA :)

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