Le monde entier a su apprécié les films des studios
Walt Disney, dont vous faites sûrement partis si vous nous lisez, grâce à des histoires mêlant rires, larmes et péripéties. Mais est-ce tout là le talent de ces chefs d’œuvres ? Comme le souligne le dernier hors-série du magazine
Studio Ciné Live, « un Disney sans méchant c’est un peu comme Paris sans Tour Eiffel ». En effet, la force de certaines œuvres de
Walt Disney réside également dans la manière d’aborder le « climat » qui pèse au-dessus des personnages principaux. Imaginez Aurore, du film
La Belle au Bois Dormant, sans la menace de la quenouille, le spectateur aurait-il toujours autant d’empathie envers ce personnage ?
Nous vous proposons d’entamer dès maintenant, en ce Réveillon du Jour de l’An, une première approche de cette « terreur » par
Disney.
Un Mal en image
Comme bons nombres de film dits de « genre », la terreur aime s’aventurer en premier lieu au niveau de l’image. En effet, le cinéma c’est avant tout l’animé, la vue du spectateur (un certain héritage du cinéma muet qui ne prônait que l’image faute de dialogues).
Walt Disney use des procédés cinématographiques « effrayants » dès son premier long-métrage,
Blanche-Neige et les Sept Nains, véritable figure de proue d’une véritable menace sur l’héroïne. Peu de méchants parviendront au sommet terrifiant qu’est la Reine devenue sorcière. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que celle-ci possède toujours le statut du meilleur Devil des
Walt Disney. Mais son personnage, même s’il est clairement effrayant et démoniaque, est aidé par la réalisation du film.
Dès le début du film
Blanche-Neige et les Sept Nains, le spectateur est plongé dans une ambiance terriblement glauque à travers le château de la Reine et de l’apparition de son miroir. Ce dernier semble d’ailleurs connecté à un monde « inquiétant » de part la fumée qui s’échappe
(capture d‘écran ci-dessous), n’étant pas sans rappeler l’apparition des Enfers dans de nombreux films de l’expressionisme allemand tels que
Le Golem de Wegener en 1920. Cette présence démoniaque dès le début du film amorce une emprise du Mal sur le film et donc sur l’héroïne et ses compères, les nains.

Cette « fumée démoniaque » est reprise pour amorcer l’arrivée d’un autre méchant phare des studios
Disney, Maléfique. L’amas de fumée verte qui caractérise sa venue en fit trembler plus d’un. C’est d’ailleurs pour cela que la couleur « verte » sera fréquemment réutilisée comme le symbole de la terreur dans les œuvres de
Walt Disney. On pourrait prendre la montée des escaliers d’Aurore dans
La Belle au Bois Dormant qui suit un point lumineux verdâtre qui n’est autre qu’un esprit démoniaque.
(capture d’écran ci-dessous)

De même, on pourrait relever tout simplement l’élément menaçant de
Taram et le chaudron magique qui n’est autre que ce chaudron en question et qui, comme par hasard possède un liquide vert en son sein.
Enfin, dernier petit exemple de l’importance de cette couleur verte, significative de la mort, de la décadence, du mal donc de la terreur, les Enfers, présentés explicitement dans
Hercule. Ce dernier plonge dans un bain « verdâtre » recueillant les esprits des morts.
(capture d’écran ci-dessous)

En conclusion, bons nombres de films d’animations réalisés dans les studios
Walt Disney sont empreints d’éléments terrifiants en lien avec les maléfices des Enfers, ce qui a pour but de renforcer la puissance et l’importances des méchants face à la mortalité des héros qui se retrouvent, quant à eux, face au surnaturel même.
Un autre élément possède une place relativement importante dans la filmographie des Studios, c’est l’importance des ombres. Souvent utilisée dans les films d’horreurs purement lives,
Walt Disney n’hésite pas à en faire appel à plusieurs reprises dans son premier long-métrage. Ci-dessous, vous pouvez voir une première ombre, celle du chasseur s’approchant de Blanche-Neige alors que celle-ci ne s’en rend pas compte. L’effet est simple, le spectateur est empreint de frissons et de suspens face à cette situation dans laquelle il ne peut interférer. Au contraire, dans la deuxième image, Blanche-Neige découvre l’ombre en même temps que le spectateur et ne semble pas rassurée, ce qui place le spectateur dans la peau de l’héroïne. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, mais l’ombre annonce une situation tragique.
Comme quoi, il suffit d’utiliser la lumière à bon escient pour créer une tension dans un simple dessin animé.


L’obscurité est, au diapason avec les ombres, un élément majeur de la terreur émise par ces dessins animés (on ne présente plus la scène de la forêt dans Blanche-Neige tellement cette scène est gravée dans l'esprit de chacun). Loin des films aseptisés actuels ou la bonté et la jovialité font chœurs, les anciens étaient beaucoup plus empreints de pessimisme, de malaise visuelle. Ainsi, malgré une belle histoire et des personnages hauts en couleur,
Blanche-Neige et les Sept Nains possède des parts d’ombres non négligeables comme nous le verrons dans un prochain article.
Sur ce, nous n’oublions pas de vous souhaiter une bonne et joyeuse année et nous espérons que cette toute première partie du dossier «
La terreur chez Disney » saura vous faire remarquer des points négligés mais pourtant intéressants des œuvres du grand maître de l’animation. Vos commentaires seront précieux ! Bonne Année à vous tous !