A quelques semaines de la sortie américaine de
Là-haut (dont la sortie française est prévue pour le
29 juillet prochain),
Pete Docter et
Jonas Rivera, respectivement réalisateur et producteur de la dernière création des
studios Pixar, nous racontent l’aventure de la création de ce film qui ne manquera pas de réchauffer les cœurs des enfants et des jeunes d’esprits.

Peter Docter et Jonas Rivera
Arrivé au sein des studios Pixar en 1990,
Pete Docter a endossé le rôle de co-scénariste de tous les projets Pixar depuis
Toy Story. Il se voit confié la réalisation de son premier long-métrage en 2001 avec
Monstres & Cie, qui recevra 6 nominations aux Oscars.
Jonas Rivera a quant à lui rejoint Pixar en 1994 en tant qu’assistant de production pour
Toy Story puis sur quasiment tous les longs-métrages des studios. Plus récemment, il était chef de production sur
Cars.
La genèse du film débute en 2004, quand Pete Docter et Jonas Rivera commencent le travail sur
Là-haut. Tous savaient alors que les personnages marqueraient une révolution artistique du cinéma d’animation, et qu’ils ne ressembleraient en rien à tous ceux qu’ils avaient imaginés par le passé.
« Nous avons des directeurs techniques étonnants, qui savent faire pratiquement tout » raconte Docter.
« Pour ce film, nous leur avons demandé d’aller à l’encontre de tous les principes et d’ignorer comment les choses fonctionnent dans la réalité ! Le look était très difficile à réaliser, à la fois sur le plan artistique et sur le plan technique. J’espère que cet aspect n’est pas évident mais invisible. »
Rivera ajoute :
« Nous ne voulions pas du réel, nous voulions de la caricature. C’est un peu un retour vers l’ancien Disney ».
L’esthétique du film était si importante pour Docter et Rivera que l’équipe créative de
Là-haut s’est rendue en Amérique du Sud, dans le lieu qui sert de toile de fond au film, pour faire en sorte que les paysages soient parfaits.
Paradise Falls, lieu fictif du film, a été dessiné à partir de la véritable montagne plate, telle une île dans le ciel, où le Brésil, le Venezuela et la Guyane se rencontrent. Ils ont choisi ce lieu parce qu’ils avaient besoin d’un endroit isolé où Carl pourrait atterrir, sans influences extérieures, pour lui permettre de grandir et d’évoluer en tant que personnage.
« Les montagnes sont hautes de plus de 1 600 mètres et il n’y a aucun moyen de monter ou descendre », explique Rivera.
« Cet endroit nous a plu parce c’est un monde perdu et très détaché, qui crée l’ambiance requise pour un film d’aventure. »
Un décor magique où décide de se rendre Carl Fredricksen, un grincheux de 78 ans, a l’impression d’être passé à côté de sa vie. Pour tenir une promesse à son épouse maintenant défunte, il décide de réaliser son rêve de grande aventure en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s’envoler vers le fin fond de l’Amérique du Sud.
Cette idée d’un personnage âgé a longtemps suscité le doute de la part des fans Pixar, ce choix étant assez inattendu.
« Nous étions conscients du risque, mais il y a quand même beaucoup de personnages de vieux grincheux dans les histoires traditionnelles », explique Docter.
« L’idée d’un vieux monsieur bourru nous a séduits. Les possibilités comiques abondent, et puis personne d’autre ne l’a encore fait. Chez Pixar, nous cherchons absolument à ne jamais refaire deux fois la même chose, et comme nous en sommes à notre dixième film, cela devient de plus en plus difficile. »
A côté de ce personnage atypique mais néanmoins irrésistible, nous découvrons toute une galerie de personnages doublés par quelques grands noms. À l’affiche du film, les talents vocaux d’
Ed Asner (des séries télé
Mary Tyler Moore et
Lou Grant),
Christopher Plummer (
L’Homme de l’intérieur,
Un Homme d’exception),
Delroy Lindo (
60 Secondes chrono,
Get Shorty) et
John Ratzenberger (
WALL•E,
Monstres & Cie). Plusieurs jeunes acteurs talentueux ont auditionné pour le rôle de Russell, le jeune explorateur de 8 ans. À la grande surprise de tous, c’est le frère d’un jeune acteur, venu lui tenir compagnie, qui a décroché le rôle.
« Tous les jeunes acteurs que nous avons entendus étaient très bons, mais un petit peu trop accomplis », explique Pete Docter.
« Nous sommes tombés amoureux de ce gamin, Jordan Nagai, qui était venu avec son frère. Il a tout simplement commencé à parler d’entraînement de foot et de karaté et nous avons su que c’était lui ! Il avait cet incroyable charme du « non acteur ». Ce qu’il disait n’avait aucune importance. J’écoutais sa voix avec un grand sourire aux lèvres. Il était tellement authentique ! »
De l’humour, de l’aventure, mais également une bonne dose d’émotion. À travers une scène brève mais poignante au début du film, les bases émotionnelles sur lesquelles repose le film sont posées. En entrevoyant un bref instant les rapports tendres entre Carl et sa femme Ellie, nous apprenons que Carl était vendeur de ballons. Ensemble, ils avaient un grand rêve : partir à l’aventure à Paradise Falls. Mais en raison des petits contretemps imprévus de la vie, leurs rêves ne se sont jamais réalisés. Après le décès d’Ellie, Carl se détache du monde extérieur. Réalisant avec douleur qu’il n’avait jamais exaucé le vœu de sa femme, il décide d’agir sans plus tarder pour que leur rêve ne meure pas. C’est à partir de cette situation humaine très réelle qu’un sérieux vent de folie prend naissance et se déchaîne.
« J’espère qu’il aura tout d’un film d’action-aventure » déclare Jonas Rivera,
« mais avec un peu plus de douceur que ceux qui sortent actuellement. Nous espérons que ce film s’inscrira dans la prolongation des réalisations Pixar tout en se tournant vers le passé pour s’accrocher à ce que nous aimons tant dans les classiques. »
Faîtes vous votre propre avis à partir du
29 juillet, où
Là-haut sera projeté en
Disney Digital 3-D au cinéma !